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Vivre à Berlin, Allemagne

Mis à jour : juil. 19

Camille, 24 ans, vit actuellement à Berlin où elle a passé un an et demi en tout. Elle vous raconte son expérience.


"Pendant mes études à Toulouse Business School, j'ai commencé une année de césure en 2017. Dans ce cadre, j'ai fait un stage à l'Institut français d'Allemagne, dans l'Ambassade de France à Berlin. L'expérience de la ville m'ayant passionnée, j'ai décidé d'y terminer l'année et j'ai fait un deuxième stage dans une start-up - il y en a énormément à Berlin. Après être rentrée en France pour terminer mon master, je suis retournée vivre dans la capitale allemande pour travailler pour la Berlinale, le festival de films de Berlin.

J'ai eu un gros coup de cœur pour la ville et son atmosphère dès mon arrivée. Pour moi, les possibilités de découvertes ne s'y épuisent pas. Parmi mes nombreuses motivations, il y avait aussi le fait de maîtriser parfaitement l'allemand et d'en apprendre toujours plus sur les cultures allemande et berlinoise (à ne pas confondre !). Je vise une intégration à 100% !



Budget de Camille : 1 000 €
  • Loyer + charges : 500 €

  • Courses : 200 €

  • Sorties : 200 €

  • Transports : 80 €

Logement

Où te loger ?


Berlin est une grande ville et au début, tu te sentiras à juste titre un peu perdu.e face à son étendue. Voici un petit éclaircissement sur ce que tu retrouveras dans chaque coin de la ville.

Les quartiers situés à l'intérieur du « Ringbahn » (la voie de train qui encercle la ville) ou à proximité sont à privilégier. Il est possible de s'y loger avec un petit budget, mais moyennant parfois de longues recherches. Chacun de ces quartiers est très spécifique et présente ses charmes et ses inconvénients. C'est à toi de faire ton tri !

  • Kreuzberg-Fridrichshain. Si tu t'es déjà rendu(e) à Berlin, tu as forcément déjà au moins entendu parler de Kreuzberg : après la chute du mur de Berlin, ce quartier est devenu le cœur de l'activité festive et culturelle. Si Berlin est à la mode aujourd'hui, c'est principalement grâce à Kreuzberg-Fridrichshain. Malheureusement, les loyers, encore très bas il y a quelques années, y augmentent à vue d’œil et on voit s'y installer de nombreuses entreprises et investisseurs immobiliers. Mais si tu as de la chance, il n'y a pas meilleur endroit pour profiter de la vie berlinoise sous tous ses aspects !

  • Mitte, c'est le « centre d'affaires » de la ville et le quartier le plus touristique. Ses avantages sont, comme son nom l'indique, de se situer en plein milieu de Berlin, mais aussi de présenter de jolies vues sur la Spree, son fleuve. En revanche, les appartements libres y sont très rares, les loyers très chers et ce n'est pas le quartier le plus agréable selon moi.

  • Tempelhof-Schöneberg est très agréable, mais attention, c'est un quartier vaste et l'atmosphère y change d'un coin à l'autre. A la fois festif et calme, il se situe historiquement à Berlin Ouest, mais est aujourd'hui à la limite entre le Berlin résidentiel et « bourgeois » de Wilmersdorf et Charlottenburg à l'ouest et le Berlin plus festif et populaire de Kreuzberg et Neukölln à l'est. Une forte culture gay y est implantée, notamment autour de Nöllendorfplatz, où l'arc-en-ciel LGBT surplombe la station de U-Bahn. Et comment ne pas parler du mythique aéroport abandonné de Tempelhof, point de rassemblement de tous les Berlinois en été pour des barbecues (« grillen ») au coucher du soleil ?

  • Wedding est un quartier plutôt populaire et très étudiant, et les loyers y sont abordables. Les cultures turque, italienne, arabe et allemande y cohabitent, entre les grandes avenues et les petites rues bobos telles qu'à Sprengelkiez.

  • Neukölln est le plus populaire des quartiers du « centre » et il y existe une grande activité artistique et festive. C'est le bastion des populations immigrées d'origine turque et arabe, mais ce quartier se gentrifie très rapidement, surtout au nord.

  • A l'opposé, les quartiers de Charlottenburg et de Wilmersdorf sont aussi très accessibles en transports, mais beaucoup plus calmes et résidentiels, et les loyers peuvent y être élevés. Tu pourras y visiter le plus beau palais de Berlin, le Schloss Charlottenburg, et son parc.

  • J'ai tendance à associer les quartiers de Prenzlauer Berg et de Moabit car ce sont des quartiers calmes, aux nombreuses "Kitas" (les crèches allemandes), et connus pour abriter beaucoup de jeunes familles, dont les parents, la petite trentaine bobo, se rendent au marché le samedi matin accompagnés d'un ou deux bambins et poussettes... Pourtant, il ne faut pas les confondre : à Moabit, il y a la proximité des quartiers ouest, de l'immense parc du Tiergarten et de la Spree au bord de laquelle se promener. Prenzlauer Berg est un quartier historiquement de l'Est, anciennement communiste. Il présente de très jolies façades colorées conservées et de nombreux cafés à la parisienne et épiceries fines de spécialités sud-européennes. De nombreux Français y ont élu domicile.


Mais si être au cœur de la ville ne fais pas partie de tes priorités, les villes situées à l'extérieur du Ringbahn et qui ont été rattachées à Berlin avec son expansion peuvent être une bonne alternative. L'éloignement ne signifie pas forcément un temps de trajet plus important jusqu'au centre-ville : les lignes du S-Bahn (voir partie « Transports ») t'y transporteront en 30 minutes, 40 si vraiment tu habites loin. De plus, certains quartiers, comme Steglitz, Köpenick ou Spandau, sont de vraies villes dans la ville avec leur propre centre. Autre avantage non négligeable : la proximité des fameux lacs de Berlin, le Wannsee au sud-ouest, Müggelsee au sud-est, Weißensee au nord-est et Tegelersee au nord-ouest.


Le coup de cœur de Camille : au fil de mes nombreux déménagements, j’ai pu découvrir Wedding, Moabit, Prenzlauer Berg, Friedrichshain (à sa limite est) et Schöneberg sud. C’est dans ce dernier quartier que je me suis sentie le mieux.

Dans quoi te loger ?


La colocation, appelée en allemand « WG » (prononcer « végué »), « Wohngemeinschaft », est très courante à Berlin. Des chambres se libèrent régulièrement dans les nombreuses WG de la ville. Tu peux en trouver sur wg-gesucht.de par exemple. Le loyer y sera moins cher que pour un appartement entier, bien sûr, mais la fourchette est large : environ 250 – 600 € suivant les endroits (et la chance que tu as). Attention, les colocations ne sont pas uniquement réservées aux étudiants et jeunes actifs comme en France : tu peux parfois te retrouver avec des personnes plus âgées. Mais en général, le choc générationnel n'est pas si intense qu'on le croit !

Si tu souhaites travailler ton allemand, attention à t'assurer qu'on le parle bien dans cette WG. Berlin accueille de nombreuses personnes non germanophones et les Allemands eux-mêmes ont l'anglais très facile avec les nouveaux arrivants !


Si tu préfères vivre seul, choisis un appartement. Il en existe de toutes les tailles, et on est parfois impressionnés de trouver des T1 ou T2 meublés pour les deux tiers du prix que l'on verrait en France ! Mais attention, encore une fois, les loyers augmentent très vite et si certains propriétaires continuent de demander 500€ par mois pour 40m² meublé à Neukölln, ces pépites se font très rares et il faudra plutôt compter sur un budget de 400 à 600€ pour un 25m² et à partir de 600€ pour plus de surface (en meublé).


Je ne peux malheureusement pas t'indiquer de logements étudiants car je n'ai moi-même jamais étudié à Berlin, mais de nombreuses universités proposent sans doute des chambres.


A noter : si consulter les sites spécialisés est un réflexe obligatoire, compte aussi sur les berlinois ! L'entraide est grande quand il s'agit de trouver un chez-soi et de nombreuses de chambres en WG se transmettent entre connaissances. Comme dans toute grande ville européenne, certaines opportunités peuvent même ne jamais apparaître en ligne. Alors n'hésite pas à demander autour de toi et sur Facebook. Voici quelques groupes utiles.


En français :

Des pages germanophones (où l'on parle aussi anglais) :

Pour des locations de longue durée : Berliner Wohnungsbörse (Wohnung, Mitbewohner, WG gesucht Berlin)

Pour des locations de courte durée (« Zwischenmiete ») : Zwieschenmiete WG & Wohnungen Berlin


Le coup de cœur de Camille : La colocation ! C'est l'idéal pour rencontrer des personnes dès ton arrivée, qui pourront t'orienter vers les bons plans voire t'accompagner dans tes premières excursions.


Faire les courses


En règle générale, s'alimenter à Berlin ne revient pas cher. De nombreuses grandes surfaces, classiques et pour produits de qualité ou bio, sont accessibles même en centre-ville compte tenu de l'espace disponible (Berlin est une ville très aérée, contrairement à Paris). Il y a aussi énormément d'épiceries spécialisées et de marchés variés en fonction des quartiers et de leurs cultures.


Courses quotidiennes


Les supermarchés les moins chers sont Lidl, Aldi, et Netto, qu'on connaît en France, ou encore Penny. Les produits frais n’y sont pas de très bonne qualité, en particulier chez Lidl et Netto, mais les prix sont bas. C’est idéal pour faire le gros des courses (pâtes, riz, produits d’hygiène, …).


Rewe ou Edeka sont les supermarchés dans lesquels tu trouveras des produits de marques de qualité et de grands rayons bio. Tu y trouveras aussi des rayons traiteur, fromagerie, boulangerie


Si tu t'alimentes essentiellement en bio, je te conseille les enseignes Bio Company (il y en a une cinquantaine dans Berlin !) ou LPG Biomarkt.


Acheter des fruits et légumes


En supermarché, je te conseille encore une fois Rewe ou Bio Company pour des produits locaux et de qualité.

Plutôt adepte du marché ? Il y en a plusieurs dans tout Berlin, ouverts souvent le samedi mais aussi le dimanche et en semaine et où se réunissent les producteurs de tout le Brandenburg, la région rurale autour de Berlin. Personnellement, j'adore celui de Kollwitzplatz à Prenzlauer Berg, de Winterfeldplatz à Schöneberg ou encore le grand marché de Karl-August-Platz à Charlottenburg.


Acheter du pain, du fromage ou du vin


A Berlin, tu t'en douteras, on ne trouve pas de roquefort, de bonne baguette ou de bouteille de Pic-Saint-Loup aussi facilement qu'en France. Dans certains quartiers pourtant, où de nombreux Français se sont installés, la demande est grande.


L'Epicerie Brunnenstraße, dans la rue du même nom entre Prenzlauer Berg et Wedding (quartier Gesundbrunnen), est le paradis du franchouillard égaré : charcuterie, fromages, vins, baguettes, tu ne seras pas déçu(e). Et en plus, les prix sont abordables !

Pour le fromage, va faire un tour à la Käserie à Prenzlauer Berg. La petite enseigne ne paye pas de mine, mais la réputation de ses fromages la précède. On peut aussi manger sur place, en réservant à l'avance.

A Kreuzberg, il y a aussi Les Epicuriens, dans la Markthalle am Marheinkeplatz. Un choix large et d'excellente qualité, mais il faut y mettre le prix.


Drogueries


Difficile de trouver un choix vaste de produits de droguerie en supermarché comme en France. Par contre, il existe deux grandes chaînes de droguerie très répandues en Allemagne : Rossmann et dm.


Le coup de cœur de Camille : Rewe, car leur offre me semble la plus complète pour une large gamme de prix. Pour les courses en vrac et les produits d'hygiène, je vais chez Bio Company, et pour les fruits et légumes, je privilégie le marché.


Les moyens de transports


Les transports publics


Berlin est une ville très bien desservie en transports.

  • Il y a d'abord le U-Bahn en centre-ville, équivalent du métro, qui circule principalement en sous-sol. Le réseau de stations en centre-ville est plutôt dense mais la ville étant très vaste, il faut parfois marcher 15-20 minutes ou prendre un bus ou un tram pour rejoindre une station. La fréquence du U-Bahn est environ de 5 à 10 minutes et ses voies s'étendent jusqu'à certains quartiers périphériques.

  • Le S-Bahn, véritable train de ville géré par la Deutsche Bahn (équivalent de la SNCF) qu'on retrouve dans beaucoup de grandes villes allemandes, propose des lignes bien plus longues et rapides. Les quartiers périphériques, anciennes villes rattachées à Berlin, possèdent de nombreuses connexions aux lignes de S-Bahn. Même si bien sûr, le réseau y est moins dense qu'en centre ville, ce train dont le passage est aussi fréquent qu'un métro permet de s'y rendre en moins d'une demi-heure. Attention à bien vérifier ta destination : les voies se séparent souvent en plusieurs.

  • Et bien sûr, l'incontournable « Ringbahn », un S-Bahn dont le trajet circulaire entoure

la ville sur le modèle londonien, permet d'aller d'un bout à l'autre de la ville en un temps record.

  • Les nombreuses et longues lignes de tram et de bus complètent l'offre, en particulier dans les zones peu desservies en U- et S-Bahns.


La BVG, organisme des transports à Berlin, assure un très bon entretien des rames. S'il y a parfois des retards sur le S-Bahn, les horaires sont en général bien respectés.


La nuit, les transports sont assurés, et pour les fêtards et travailleurs de nuit, cela donne à Berlin un avantage non négligeable sur la plupart des autres capitales européennes. En semaine, le réseau de bus remplace le métro entre 1h et 4h30. Le vendredi soir, le samedi soir et les jours fériés, les U-Bahn et S-Bahn fonctionnent en continu toute la nuit !


Les tarifs sont fixés en fonction des trois zones A, B et C.

Si tu es étudiant ou stagiaire, pense à demander la carte « Azubi » qui s'obtient grâce à un certificat de l'université ou de l'employeur.

Il existe deux moyens de se procurer un ticket mensuel :

  1. En achat spontané sur l'appli ou en borne, valable pour les 30 jours suivants, au prix de 84€ en plein tarif et de 54€ avec la carte Azubi.

  2. Par abonnement avec un prélèvement automatique chaque mois de 60,67€ en plein tarif et de 30,42€ avec la carte Azubi.


Le vélo et les trottinettes


A Berlin, le vélo est un mode de transport privilégié. C'est une ville au faible relief où il est facile de faire de longues distances sans (trop) se fatiguer. Les pistes cyclables sont très bien aménagées sur la plupart des voies.

Le problème est qu'en été, tu peux facilement te retrouver au milieu d'une foule de vélos à attendre le passage d'un feu au vert. Attention aux accidents ! Mais les autres cyclistes ne sont pas le seul danger, loin de là, puisque Berlin est avant tout une ville faite pour les voitures, et on tombe à tout moment sur des avenues de plusieurs dizaines de mètres de large. Respecte bien la signalisation : la police ne transige pas, et les Berlinois non plus, d'ailleurs.

Pour trouver un vélo d'occasion, rends-toi sur ebay-kleinanzeigen.de, on n'y manque pas de choix. Si tu préfères la location, de nombreuses compagnies ont lancé leur application de vélos en libre service.


A peu près en même temps que dans les grandes villes françaises, la folie des trottinettes électriques s'est abattue sur Berlin. Comme pour les vélos, on peut facilement en louer en libre service et souvent il suffit de les laisser sur le bord du trottoir – sans gêner le passage – à ton arrivée, à la disposition du trottirider suivant.


Les taxis et VTC


Le taxi est également très utilisé, en particulier la nuit pour se rendre dans un club ou rentrer chez soi. A ma connaissance, prendre un taxi classique est bien moins cher qu'en France.

Pour plus d'économies, on privilégiera les vans de la BVG appelés « BerlKönig » qui arborent les motifs caractéristiques des banquettes du U-Bahn, ceux de CleverShuttle, ou bien Uber, qui opère à Berlin depuis 2019 seulement après des années d'interdiction.


Le coup de cœur de Camille : J'adore prendre le S-Bahn, il offre de superbes vues panoramiques sur la ville. Mais de mars à novembre, je suis à vélo !


Etudier


Je n’ai personnellement jamais étudié à Berlin. Mais j’ai effectué des stages au cours desquels j’ai rencontré de nombreux étudiants français en double diplôme à Berlin. La plupart de ceux-ci venaient du campus de Nancy de Sciences Po Paris, spécialisé dans les relations franco-allemandes, et avaient choisi un double diplôme avec l’excellente “FU”, la Freie Universität Berlin.

Mon école de commerce, Toulouse Business School, propose quant à elle un double diplôme en master 2 avec la “TU”, la Technische Universität Berlin.

Il y a aussi la Humboldt-Universität zu Berlin, bien sûr la Charité, l’université de médecine, et l’Universität der Kunste Berlin pour les arts.



Travailler


Si tu souhaites faire un stage, une formation rémunérée en alternance ou encore trouver un emploi à Berlin, il faudra dans la plupart des cas te déclarer résident(e) de la ville. Renseigne toi auprès de l'employeur : un embauche implique très souvent de faire une « Anmeldung ». Retiens ce mot, tu l'entendras souvent lors de tes procédures administratives, y compris pour la recherche d'appartement.

Le marché du travail est bien plus flexible en Allemagne qu'en France, tu le remarqueras, et on y change plus facilement d'orientation professionnelle. De nombreuses personnes reprennent même une formation ou un stage après 30 ans.


Les contrats 100% en entreprise


  • Les stages

Appelés « Praktikum » en allemand, ils sont très fréquents chez les étudiants mais aussi chez les personnes diplômées. Tu en trouveras dans tous les domaines, mais il y a moins de choix qu'en France, simplement car il existe de nombreux autres types de contrats pour étudiants, jeunes diplômés ou personnes en réorientation (voir ci-dessous).

Vocabulaire : il faut distinguer deux types de stages :

  1. le Pflichtpraktikum, stage conventionné entre l'école ou l'université, l'étudiant et l'entreprise. Tu ne cotises pas aux cotisations sociales : ton indemnisation brute sera la même que ton indemnisation nette.

  2. le freiwilliges Praktikum, stage qui ne fait pas intervenir un établissement, donc en général effectué par des diplômés. En tant que freiwilliger Praktikant, tu côtises pour ta retraite, le chômage et autres cotisations sociales, c'est pourquoi l'Anmeldung sera obligatoire dans ce cas : c'est ce qui te permettra d'obtenir un numéro fiscal (« Steueridentifikationsnummer » ou « Steuer-ID »).

Rémunération : un Pflichtpraktikum n'est soumis à aucune obligation d'indemnisation. La législation n'impose pas non plus de rémunération minimale pour un un freiwilliges Praktikum de moins de 3 mois. Par contre, un freiwilliges Praktikum de plus de 3 mois doit être rémunéré 8,50€ de l'heure, soit environ l'équivalent d'un SMIC français.

Et oui, il n'y a pas d'entre deux ! Mais rassure-toi : les entreprises qui proposent des stages non rémunérés sont plutôt rares, heureusement, et beaucoup considèrent cela injuste. L'indemnité moyenne en Allemagne pour un stage est quand même de 700€ par mois.


  • Les « traineeships »

Un trainee est un peu l'équivalent d'un apprenti en France, mais c'est en général une personne diplômée d'une licence ou d'un master. Il/elle reçoit une formation pratique en entreprise sur une sélection large de métiers dans le but, à son issue, d'être recruté(e) sur le poste qui convient le mieux.

Un traineeship dure entre 6 et 12 mois et se trouve dans tous les secteurs.

Rémunération : En raison du niveau d'études des trainees, on leur propose en général une rémunération intéressante dès le début, même si celle-ci dépend de la taille et du secteur de l'entreprise. En moyenne en Allemagne, un trainee est payé 3000€ brut par mois ! (Attention cependant à la grande différence entre le salaire brut et net.)


  • Les contrats temporaires ou à durée indéterminée

Pour les ressortissants de l'UE, il n'est administrativement pas plus compliqué de trouver du travail à Berlin qu'en France, pourvu d'avoir l'Anmeldung.

Pour avoir toutes tes chances, il faudra cependant maîtriser l'allemand. Si tu ne parles pas vraiment allemand mais couramment anglais, de nombreuses start-ups seront accessibles pour toi, car l'anglais y est souvent la langue de communication au travail.

Rémunération : en moyenne, la rémunération à poste équivalent est meilleure en Allemagne qu'en France. Mais attention encore une fois : la différence entre le salaire brut et le salaire net y est plus importante, donc à l'arrivée, cela revient au même !


Les formations rémunérées en alternance


  • Les Werkstudenten

Nombreuses sont les entreprises à embaucher un « Werkstudent ». Il s'agit d'étudiants qui travaillent selon une sorte de contrat en alternance de 20 heures par semaine ou moins, en parallèles de leurs cours à l'université.

Rémunération : un Werkstudent peut gagner de 9,35€ (minimum légal au 01.01.20) jusqu'à (très rarement) 20€ brut de l'heure. Tu cotises pour les impôts et ta retraite, mais pas pour l'assurance maladie.


  • Les Ausbildungen

Ce sont des formations souvent réservées aux jeunes qui ne souhaitent pas se lancer dans de longues études après avoir obtenu leur bac (« Abitur »), mais qui peuvent aussi concerner des jeunes diplômés souhaitant se spécialiser ou bien des personnes en réorientation professionnelle.

Ces formations durent entre 2 et 3 ans et demi et sont mises en place sous deux formes possibles : soit uniquement des cours à la fac, soit en alternance entre l'entreprise et l'université.

Rémunération : ces formations sont faiblement indemnisées, mais au moins elles le sont. Le montant augmente chaque année, mais il y a de fortes disparités entre secteurs. Je me suis intéressée personnellement au métier de chargé de projet événementiel : on démarre autour de 700€ pour finir à 850€ en dernière année. Cherche ici le métier auquel tu t'intéresses (en allemand).


Conseils généraux supplémentaires


  • Si tu traduits ton CV en allemand ou en anglais, pense à en adapter la forme. Le « Lebenslauf » allemand peut par exemple contenir deux pages, ce qui est inimaginable en France.

  • Consulte ce site de référence où tu trouveras toutes les informations sur l'emploi franco-allemand.

  • Comme partout, il est possible de travailler comme au pair, professeur de français particulier, ou bien baby-sitter grâce aux nombreux sites d'annonces.


Le coup de cœur de Camille : Pour une immersion en douceur, je recommande un stage à l'Institut français d'Allemagne (sans Anmeldung nécessaire car effectué sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur français). Toutes les offres sont ici.


Sortir


Manger à l'extérieur


Pour les budgets limités, la street-food est omniprésente et très accessible.

Tu devras absolument tester Currywurst 36 à Kreuzberg. Ce restaurant est une réelle attraction touristique, ce qui ne me disait au début rien qui vaille, d'autant plus qu'un précédent Currywurst ne m'avait pas du tout convaincue. Mais après une longue période de scepticisme, j'ai fini par suivre une amie à Currywurst 36 après une marche d'une heure et demi dans Berlin. Je peux maintenant avouer que ce Currywurst mit Pommes-là vaut bien ses 6 € !


Berlin est une terre d'accueil pour la diaspora turque et ses Gemüse Kebaps, Dürum et autres délicieux Döners. Rien à voir avec le kebab que nous connaissons en France : pas de simple salade-tomates-oignons ici, mais un pain pita, beaucoup de légumes, des sauces et une viande grillée (ou sans, c'est tout aussi bon). Je conseille absolument le Gemüse Kebap ou le Vegetarisches Döner du Rüyam Gemüse Kebab à Schöneberg. Il faut le tester pour comprendre.


Tellement de cultures cohabitent à Berlin que finalement, le plus difficile, c'est presque de manger allemand. Italien, mexicain, japonais, chinois, vietnamien, français, libanais, africain, tapas, thaïlandais ou chilien ? Il y en a pour toutes les envies.


Les coups de cœur de Camille : 3 Schwestern (brunch), Hako Ramen (japonais), Pho Noodlebar Xberg (vietnamien), et le Rüyam Gemüse Kebab (turc)

Se cultiver


Berlin est une ville de culture et les événements culturels ont littéralement lieu en permanence. Dans tous les domaines, tu trouveras ton bonheur.


Retrouve ici le site des musées municipaux, dont font partie les musées de l'Île aux musées ("Museumsinsel"). Pour les Azubi, la carte illimitée pour les expositions permanentes est à 25€ par an, 50€ pour les expositions temporaires comprises.


Le Deutsche Oper, le Staatsoper Unter den Linden, le Komische Oper ou encore le Friedrichstadt Palast offrent les plus beaux opéras, ballets et spectacles, et la Berliner Philharmonie abrite le grand Orchestre philharmonique de Berlin.


Mais Berlin est particulièrement reconnu pour sa scène théâtrale : les Schaubühne, Volksbühne, Maxim Gorki Theater, Berliner Ensemble et Haus der Berliner Festspiele sont les incontournables, mais des plus petites scènes coexistent dans toute la ville.


Le réseau de salles de cinéma (« Kino ») est dense. L'entreprise Yorck Kinogruppe regroupe la plupart des plus grandes salles, mais il existe aussi de salles nombreuses indépendantes, comme le Moviemento (le plus ancien cinéma d'Allemagne, en danger de fermeture !), le Babylon Kino (et ses fabuleuses rétrospectives accompagnées de posters gratuits), le Hackesche Höfe Kino (situé dans l'une des plus jolies galeries commerçantes (« Hof ») de la ville) ou encore l'ACUD (un centre culturel à part entière). Et bien sûr, au sein du Centre Français de Berlin, il y a le City Kino Wedding.


Le coup de cœur de Camille : Si tu es à Berlin vers la fin novembre, ne manque pas le Festival du film français organisé par Unifrance et le Bureau du cinéma et des médias de l'Institut français !

Faire la fête


C'est connu, Berlin est une ville de fête. On peut même dire qu'une partie des Berlinois a une vie essentiellement nocturne !


Toute l'année, les bars sont très fréquentés. On y entend souvent de la musique live, mais tu peux aussi y assister parfois à des concours d'éloquence ou bien y jouer à des jeux de société. La plupart du temps, en revanche, on s'assoie simplement en groupe autour d'une pinte de (bonne) bière ou un verre de vin (chaud en hiver – dans l'un des nombreux marchés de noël, bien sûr !).

Contrairement à la France, les bars avec terrasses sont malheureusement assez peu fréquents à Berlin, mais les intérieurs valent le coup : ils sont toujours décorés de façon très cosy, on s'y sent un peu comme dans son salon.


En parlant de salon, les Berlinois font aussi la fête dans leur WG, souvent fournies en caisses (oui, des caisses entières) de bières de 50cl et en Sekt (mousseux) achetés chez Getränke Hoffmann.



En été, tu découvriras les fameux Biergarten sur le modèle bavarois, entendras beaucoup de musique dans les parcs, et pourra participer à de nombreux festivals ou open-airs. Tu découvriras le Karneval der Kulturen organisé fin mai - début juin, ou encore le Zug der Liebe fin août qui célèbre la tolérance et l'amour. En 2021, on prévoit même le retour après onze ans d'absence de la Loveparade, énorme événement techno organisé par le DJ Dr. Motte et symbole de la libération culturelle après la chute du mur. Si ce n'est pas un beau programme, ça !


Prêts à entrer dans le tourbillon de la Klubszene Berlins ? Le choix ne manque pas : tu entendras forcément parler de certains clubs et si cela t'intéresse, tu trouveras toujours des accompagnants.

La musique (techno, mais aussi hip hop, jazz etc.) occupe vraiment une place centrale dans ces virées nocturnes pour la plupart des fêtards. L'ambiance est bienveillante dans la plupart des endroits.

L'entrée est réputée non garantie dans certains clubs, mais d'autres ne sont pas si sélectifs. Tu entreras en club pour un prix allant de 10 à 15€. Attention : ils ouvrent à minuit, mais souvent, il faut attendre 2h du matin pour que l'ambiance commence à s'échauffer.


Les coups de cœur de Camille : Holzmarkt (plein air), das Tier (cocktails), Klunkerkranisch (rooftop), Prater (Biergarten), Golden Gate, Sisyphos, Griesmühle (clubs)


Des applications pour faciliter ton quotidien


CityMapper : pour ne jamais te perdre et estimer tes trajets à pieds, à vélo ou en transports


BVG Tickets Berlin : pour acheter en ligne tes tickets de transport


To Good To Go : l'appli anti-gaspi pour acheter à petit prix les invendus des magasins, cafés et boulangeries


Mapstr : l’application sur laquelle tu enregistres tes lieux préférés


Nebenan : pour faire des connaissances près de chez toi et participer à la vie de quartier, très importante en Allemagne